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Du calcul à la computation
MATH009Lesson 8
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L'analyse numérique est le pont reliant la précision infinie du calcul à la contrainte finie d'une machine. Alors que le calcul cherche l'identité exacte d'une fonction $\phi(t)$, la computation cherche un tableau fiable de valeurs qui en reproduit le comportement.

Le fondement théorique

Avant qu'une seule opération ne soit effectuée, nous devons nous assurer que notre recherche n'est pas vaine. Nous commençons par le Problème de valeur initiale (PVI):

$$y' = f(t, y), \quad y(t_0) = y_0$$

Théorème 2.4.2 affirme qu'il existe une solution unique $y = \phi(t)$ du problème donné dans un certain intervalle autour de $t_0$. Cette garantie justifie notre démarche numérique ; si aucune solution n'existe, ou si elle n'est pas unique, nos algorithmes peuvent converger vers une absurdité ou diverger complètement.

Le pont intégral

Presque toutes les méthodes numériques partagent le même ADN mathématique, dérivé du théorème fondamental du calcul. Nous pouvons exprimer l'évolution de la solution $\phi(t)$ d'un point à l'autre comme une identité exacte :

$$\phi(t_{n+1}) - \phi(t_n) = \int_{t_n}^{t_{n+1}} \phi'(t) dt$$

En substituant l'équation différentielle $\phi'(t) = f(t, \phi(t))$, nous obtenons la Formule de reconstruction:

$$\phi(t_{n+1}) = \phi(t_n) + \int_{t_n}^{t_{n+1}} f(t, \phi(t)) dt$$

Du continu au discret

Un ordinateur ne peut évaluer l'intégrale d'une fonction inconnue $\phi(t)$. Par conséquent, nous discrétisons. Dans le cas le plus simple, nous approximons l'aire sous $f(t, \phi(t))$ par un rectangle de largeur $h = t_{n+1} - t_n$ et de hauteur prise au point initial $f(t_n, y_n)$. Ce saut d'une intégrale courbe à un rectangle hachuré (comme indiqué à la figure 8.1.1) crée la formule d'Euler:

Étape de discrétisation

$$y_{n+1} = y_n + h f(t_n, y_n)$$

Ici, $y_n$ représente l'approximation numérique de la vraie valeur $\phi(t_n)$. L'erreur introduite par cette approximation rectangulaire est appelée erreur de troncature locale.

🎯 Principe fondamental
Les méthodes numériques transforment les équations différentielles en itérations algébriques en approximant l'intégrale de la dérivée sur de petits sous-intervalles. La qualité de l'approximation dépend de la manière dont nous choisissons de représenter l'aire sous la courbe $f(t, y)$.